Le vol de l'ibis rouge de Maria Valéria Rezende
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Il m'arrive d'aller écouter des lectures. La dernière fois, le thème était "lectures autour du monde" et, pour le Brésil, la lectrice avait choisi "Le vol de l'ibis rouge" de Maria Valéria Rezende.
J'ai été un peu intrigué par cette lecture parce que l'auteure fait partie de la Congrégation des sœurs augustines et que son héroïne est une prostituée ! Cet étonnant premier roman a été unanimement salué par la critique brésilienne. J'ai donc décidé de lire son livre.
Tout commence par une passe. L'héroïne, une prostituée atteinte du sida attire à elle un jeune manœuvre analphabète. Il la suit bêtement, mais n'a pas d'argent pour la payer.
Irène se fâche et, pour la calmer, Rosalio lui raconte une histoire. Lui, l'analphabète est un conteur hors pair. Irène tombe sous le charme et ces deux cabossés de la vie sont amenés à se revoir. Ils ne pourront plus faire l'un sans l'autre.
Rosalio raconte; Irène écoute, se sent en sécurité dans les bras de l'homme. Puis Irène apprend à lire à celui qui a cherché ça toute sa vie. Il n'a pas eu l'occasion d'aller à l'école et son plus grand désir est de pourvoir lire les livres qui sont dans le coffret qu'il emporte partout avec lui et qui lui a été donné par un ami indien. En attendant qu'il puisse les lire lui-même, Irène lui lit les histoires telles les contes des mille et une nuits.
La plupart des histoires que raconte Rosalio sont issues de sa propre vie et de ses rencontres. Ainsi, petit à petit, le jeune homme se dévoile complètement.
"Le vol de l'ibis rouge" est un véritable hymne à la lecture et au pouvoir des mots. La lecture est ici présentée comme une arme d'émancipation face aux oppressions.
Au-delà de sa dimension littéraire, ce livre est aussi un roman d'amitié profonde et de tendresse entre deux âmes marginalisées. Face à la violence sociale et à la misère qui les entoure, leur lien crée une bulle d'humanité.
C'est aussi une plongée dans la réalité de la précarité extrême et de l'exclusion sociale au Brésil.
L'auteure est engagée auprès des populations marginalisées et des programmes d'éducation populaire, ce qui a évidemment nourri son roman. Elle sait de quoi elle parle !
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