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D'un livre à l'autre

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27 octobre 2026

Un long moment de silence de Paul Colize

L'auteur qualifie ce roman de "polar archéologique", car il interroge l'Histoire à partir d'une enquête ancrée dans le présent. Il s'est basé sur des faits réels pour rédiger son bouquin. 

 

C'est presque un coup de cœur pour moi. Je dis "presque" parce que le héros est loin d'être sympathique (et j'ai du mal avec ça), c'est un "baiseur" (pardonnez-moi l'expression, mais vous aurez compris) et il n'a pas beaucoup de respect pour les femmes (c'est le moins qu'on puisse dire). Il a également l'habitude d'être obéi au doigt et à l'œil et pense qu'il peut avoir tout ce qu'il veut avec son pognon ! Bref, un type imbuvable ! 

 

L'histoire se déroule sur deux périodes : 1948 et 2012. J'ai un peu de mal avec la double temporalité quand le chapitre n'annonce pas l'époque à laquelle se déroulent les événements. 

 

Voilà, j'ai commencé par les bémols, mais  j'ai vraiment beaucoup aimé l'intrigue. 

 

Notre héros de 2012 est Stanislas Kervyn, un homme d'affaires dont le père a été tué lors d'un massacre en Egypte. Il enquête sur les circonstances de la mort de son père depuis des années, a même écrit un bouquin sur l'affaire, mais il est loin de connaitre la vérité. Il se demande d'ailleurs ce que son père pouvait bien fabriquer au Caire au moment de l'attentat. 

 

Pour promouvoir son livre, il passe dans une émission de télé. Peu après, il reçoit un coup de téléphone. Celui qui l'appelle dit être un de ceux qui ont participé au massacre. Stanislas se rend compte qu'il a tout faux et qu'il doit reprendre l'enquête, une enquête qui le mènera chez les chasseurs de nazis et à une organisation appelée "le chat" (le chat chassant les rats nazis)! C'est surtout cette partie qui m'a le plus intéressé, même si c'est un peu répétitif quand même. 

 

C'est dans cette organisation que le lecteur découvre le deuxième héros du livre, Nathan Katz, un rescapé de Mauthausen, recruté, en 1948, par cette fameuse organisation clandestine qui traque les nazis qui ont réussi à fuir après la défaite allemande.

 

Ces deux destins vont finir par se croiser étant donné que le père de Stanislas a rencontré Nathan juste avant de partir se faire tuer en Egypte. Mais pourquoi les deux hommes se sont-ils rencontrés? Pourquoi le père de Stanislas est-il allé en Egypte? Et pourquoi cette photo d'un SS, par exemple, dans les affaires de sa mère décédée? Quel est le rapport entre ses parents et "le chat"? Autant de questions auxquelles Stanislas n'aura de cesse de répondre. Une longue enquête qui finira  par une surprise totale pour Stanislas et...pour le lecteur. 

 

Un polar/roman historique que j'ai donc beaucoup aimé si on excepte les bémols décrits en début de billet. Et un roman qui peut susciter des questions : A-t-on le droit de se substituer à la justice (des hommes ou de celle de Dieu), faire justice soi-même et se venger des faits qui se sont déroulés quelques années plus tôt aussi horribles qu'ils soient? 

 

Moi, j'aurais tendance à dire "oui" surtout en ayant lu "Un long moment de silence". 

 

Le débat est ouvert...

 

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24 octobre 2026

J'ai commencé par mourir de Gilles Legardinier

Qui a déjà lu Legardinier connait son humour qui transparait dans ses romans. Son premier succès a été "Demain, j'arrête", un bouquin qui va à l'encontre de la morosité. Ce "feel good" a été vendu à 1,5 million d'exemplaires. Ce roman et ceux qui ont suivi étaient très reconnaissables au chat figurant sur la couverture. 

 

Gilles Legardinier, c'est un peu comme Virginie Grimaldi : parfois j'aime, parfois pas trop. 

 

Pour ce roman, je serai un peu mitigé. 

 

"J'ai commencé par mourir" n'a rien à voir avec les premiers romans de l'auteur. Il y a longtemps que les chats ont disparu des couvertures, mais on retrouve toujours l'humour de l'auteur. 

 

Christopher Runyard, le héros de ce bouquin, est d'ailleurs un peu lourd avec son humour à deux balles, mais l'humour allège le côté dramatique du roman. 

 

Le héros, Christopher donc, hérite d'une propriété dans un tout petit village perdu de la côte écossaise, dans une magnifique baie. De qui hérite-t-il cette maison? Il ne le sait pas (tiens donc) et le lecteur ne le saura jamais (un peu facile, ça ! ).

 

Alors qu'il vient visiter son héritage, il a un accident de voiture. C'est grâce à l'écureuil qui l'a fait dévier de sa route qu'il évite la balle qui lui était destinée et qui se loge dans le capot de la voiture (facile aussi, non?).

 

Christopher est secouru par Kate, une jeune et jolie femme (il ne pouvait en être autrement) qui est un flic déguisé en ranger. Cette femme mène une enquête incognito, car il y a eu pas mal de morts suspectes dans le village. D'ailleurs, ceux qui ont hérité de la maison de Christopher avant lui n'en ont pas profité longtemps ! 

 

Des siècles avant son arrivée, en 1668, une tragédie a eu lieu dans le village (c'est le prologue) : tous les habitants ou presque ont été tués. Pourquoi? Le lecteur (et Christopher) ne le sauront qu'à la fin du récit. 

 

Les habitants actuels forment une communauté soudée dans le secret. Tout le monde cache quelque chose. Depuis l'arrivée de Christopher, un meurtre a lieu, une femme s'est enfuie du village, une autre vend sa maison, un incendie s'est déclaré et un enfant a disparu. 

 

Une ombre règne sur le village. Un homme en noir qui s'en prend à Christopher qui met vraiment son nez où il ne devrait pas, aidé par sa nouvelle amie, Kate. 

 

Tous deux vont mener l'enquête et replonger dans le passé pour découvrir ce qu'il se passe vraiment dans ce village en apparence tranquille, en apparence seulement. 

 

Mais Christopher dérange vraiment ! C'est un pion à éliminer de l'échiquier ! 

 

C'est un livre assez long (pas  loin de 600 pages) basé sur des faits réels qui se sont déroulés en Ecosse au moment de la découverte de l'Amérique par l'équipe Colomb. C'est un livre qui se lit facilement grâce au style de l'auteur, sans doute. Le lecteur peut s'attacher à certains personnages et en détester d'autres. Le couple Christopher/Kate est agréable à suivre (l'histoire ne tourne pas en romance). Toutefois, je n'ai pas trouvé ça passionnant. Un avis mitigé donc. 

 

19 octobre 2026

C'était ça ou mourir de Thélison Orélien

J'ai lu le livre dont on parle le plus en ce moment. Si vous ne le connaissez pas, vous vivez sûrement sur une autre planète. 

 

C'est mon fils qui me l'a prêté. Je n'entre pas dans la polémique "IA ou pas IA". Je dirais que je m'en fiche un peu. Si on éprouve du plaisir en lisant un roman, qu'importe qui l'a écrit finalement. Et, à une époque, certains "grands" écrivains utilisaient des nègres, alors...

 

Bon, je passe là-dessus sans prendre position. Au moins, ce livre aura fait couler beaucoup d'encre et se sera vendu en ... (beaucoup) d'exemplaires ! 

 

Ai-je aimé? This is the question. Eh bien, pas tant que ça alors que, pour beaucoup de lecteurs, ce fut un gros coup de cœur (ou de poing) ! 

 

Est-ce un livre nécessaire? qu'il faut lire? Ben oui ! Il fait prendre conscience de toute la difficulté de quitter son pays (à cause de la famine ou de la guerre ou pour d'autres raisons), de tout abandonner, de partir presque nu, de rencontrer des gens qui vous sont hostiles, de traverser des pays inconnus, de vaincre la peur, le froid ou la chaleur, les maladies, la promiscuité, l'inconnu, la rencontre avec des gens sans pitié qui vous dépouillent du peu que vous avez avec des promesses qu'ils ne tiendront pas,...

 

Peut-être que ce livre peut faire changer d'opinion des gens qui détestent les immigrés... Peut-être...

 

Donc, c'est une histoire de migrants que raconte Thélyson Orélien (disons que c'est bien lui) dans ce bouquin, mais ça, vous le savez sûrement. Son personnage, Jonas Dorléon, décide de quitter Haïti après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince. Il emporte avec lui un sac plastique contenant sa vie entière dont une photo de sa mère qu'il gardera jusqu'au bout alors qu'il est prêt à tout sacrifier pour trouver un pays où il pourra vivre en paix et travailler (le Canada). 

 

Après mille péripéties (le mot est faible), il finira par atteindre la terre tant convoitée, mais ne sera pas encore au bout de ses peines ! 

 

Notre héros ne cesse d'espérer, de sourire et même de rire. Une personnalité hors du commun ! 

 

Alors pourquoi ce livre n'est-il pas un coup de cœur pour moi? 

 

Dès les premières pages, j'ai accroché au style. L'histoire m'a touché, mais mon intérêt s'est émoussé au fur et à mesure de ma lecture, tout simplement parce que j'ai trouvé ça redondant. 

 

Si je ne me trompe, Jonas traverse douze pays et il se passe à peu près la même chose partout, c'est ce qui m'a ennuyé, même si c'est terrible, je n'en disconviens pas. Je dois dire que je me suis un peu ennuyé en lisant ces différents chapitres ! 

 

Ma motivation s'est relevée lorsque le migrant arrive au Canada et doit continuer à ramer avant de redevenir un homme ! 

 

Donc, pas un coup de cœur, mais je suis content de l'avoir lu et je vous le recommande si vous ne l'avez pas encore lu. 

16 octobre 2026

La mobylette immobile de Sylvia Turchi

Je remercie Babelio et les masses critiques pour l'envoi de ce court récit lu en une journée. 

 

Dans mes lectures, il me faut, en général, de l'action et dans ce livre, il n'y en a pas beaucoup. En plus, le personnage principal, Emile, est du genre violent et antipathique. Il m'est toujours difficile d'accrocher à une lecture lorsque les protagonistes ne sont pas plaisants (hors thrillers). 

 

L'histoire se passe, en grande partie, dans la France rurale des années 60. Emile cherche toujours les défis et les occasions de se surpasser. 

 

Il est marié et père de deux enfants, mais il quitte sa femme pour une autre qui tombera vite enceinte. Emile refusera de lui donner son nom. Pourtant, Madeleine sera, à ses yeux, la plus importante de ses enfants. 

 

Il est très autoritaire, entend jouer son rôle de patriarche à fond, mais Madeleine rêve de liberté, la liberté que les femmes acquièrent petit à petit dans cette décennie. 

 

Il y aura donc de nombreux heurts entre le père et la fille. Les autres enfants sont quasiment inexistants ! 

 

Grâce à la mobylette qu'Emile finira par acheter à Madeleine, cette dernière gagnera un peu sa liberté. Toutefois, le père sera toujours là à la surveiller et quand elle rencontrera un garçon, il n'acceptera pas l'union de sa fille avec un "moins que rien", mais Madeleine est bien décidée à vivre sa propre vie ! 

 

Un livre sur la liberté et l'émancipation de la femme face au poids du patriarcat et sur l'évolution de la société du XXe S qui ne m'a pas vraiment convaincu. 

 

 

14 octobre 2026

Manipulations de Raymond Khoury

"Manipulations" est le 4e volume de la série mettant en scène Sean Reilly, l'agent du FBI. Je ne les ai pas lus dans l'ordre puisque j'ai déjà lu le 5e "Dossier Corrigan" qui est lancé dans le tome 4 ! Je vais essayer de lire les séries dans l'ordre dorénavant ! 

 

Le thème de ce roman est la manipulation mentale, mais au-delà de l'enquête principale sur technologie de manipulation mentale, Sean Reilly est confronté à des drames personnels majeurs. 

 

Durant cette affaire, un homme tire les ficelles dans l'ombre : Reed Corrigan, un ex-agent de la CIA corrompu, manipulateur et impitoyable. 

 

A la fin de "Manipulations", Reilly ne parvient pas à coincer cet antagoniste. Dans "Dossier Corrigan", il continue sa traque personnelle contre cet homme. Corrigan s'en est pris directement à la famille de Sean Reilly et a orchestré le lavage de cerveau de son propre fils. 

 

Reilly poursuit donc une vendetta personnelle. C'est ce qui m'a un peu gêné dans cet opus suffisamment dense sans devoir ajouter cette enquête secondaire ! 

 

Dans "Manipulations", un diplomate russe est défénestré dans l'appartement d'un couple sans histoire : les Sokolov. Or, il s'avère que Léo Sokolov est un savant qui a inventé une méthode de manipulation mentale qui pourrait servir lors des guerres. Le savant a fui la Russie pour se cacher aux USA où il a trouvé un emploi de simple enseignant. Mais, trente ans plus tard, il se fait remarquer lors d'une manifestation et les Russes n'auront de cesse de le récupérer. 

 

A partir de là, tout s'enchaine et le roman devient addictif. Interviennent donc dans ce récit les Américains, les Russes, mais aussi les Coréens. Beaucoup de personnages se mêlent de l'affaire, peut-être un peu trop pour la bonne compréhension du lecteur. 

 

Remarque : 

En lisant les critiques de lecteurs sur Babelio, j'ai cru que je perdais la mémoire. Tous les lecteurs font débuter l'histoire avec Raspoutine en 1916. Dans une mine de Sibérie, des ouvriers se mettent subitement à s'entretuer. Or, je ne me souvenais absolument pas de cette affaire et je ne me souvenais pas d'avoir lu quoi que ce soit sur Raspoutine ! 

 

J'avais oublié le prologue de ce livre et je l'ai relu. En fait, l'histoire débute à la fin de la guerre froide (1979-1981) en 1981 et il n'est aucunement fait mention de Raspoutine ! 

 

Le roman sorti en anglais s'intitule "Rasputin's Shadow". Il n'y a donc qu'une explication à ce mystère : ce livre a été réécrit et le prologue est passé de 1916 à 1981. Pour quelles raisons? Je n'en sais rien ! 

 

 

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11 octobre 2026

Les étoiles d'Orion de Brice Nadin, Cluny, 1095

"Les étoiles d'Orion" est le seul livre d'un auteur inconnu que j'ai acheté à la foire du livre de Mons. L'auteur a su m'accrocher et j'ai acheté le tome 1 de ce qui est une série qui compte 4 volumes (pour l'instant).

 

Il y a longtemps que je n'avais plus lu de romans historiques et Brice Nadin m'a donné envie de m'y replonger d'autant plus que l'histoire se passe dans le milieu ecclésiastique, ce qui n'est pas très courant. 

 

Nous sommes en 1095, un peu avant la première croisade dans l'abbaye de Cluny et au prieuré de Beaulieu qui y est rattaché. 

 

Le personnage principal et narrateur de cette histoire est Joachim de Saint-Ange, un jeune moine copiste auquel le lecteur n'a aucun mal à s'attacher. 

 

Joachim rêve de parcourir le monde en compagnie de son maitre, Odon, qui quitte souvent le prieuré pour se rendre aux quatre coins du monde à la recherche de manuscrits anciens. 

 

Dans ce premier tome, Joachim ne quitte pas l'abbaye, mais sa vie n'est pas de tout repos. Il goutera même aux geôles de Mâcon. Jalousie et corruption ont toujours existé et sont présents aussi dans les abbayes. Joachim en fera les frais. 

 

Voilà qu'un jour il lui arrive quelque chose d'extraordinaire : il quitte son corps ! Son âme s'envole et en rencontre une autre : celle d'une jeune fille dont le corps git, comme le sien, sur un lit. 

 

Joachim sera alors pris en étau entre deux feux : la mission qu'on lui a confiée et l'amour qu'il ressent pour cette jeune fille qui veut échapper au mariage arrangé par ses parents...

 

Voilà une bonne surprise ! Je n'ai pas du tout regretté mon achat et je suis partant pour lire le tome 2 intitulé "Mare Nostrum, 1096". Je vais voir où je peux me le procurer. 

 

Je conseille cette série à tous ceux qui aiment les romans historiques et qui veulent découvrir cet auteur à qui je souhaite beaucoup de succès. 

 

9 octobre 2026

De la première à la dernière œuvre d'Alex Vizorek

C'est une amie qui m'a prêté ce livre d'Alex Vizorek, un humoriste, chroniqueur, comédien et animateur télévisuel belge que je ne connaissais pas, avant d'avoir lu - souvenez-vous - "l'histoire du fameux suppositoire qui voulait échapper à sa destinée". 

 

"De la première à la dernière œuvre" n'a absolument rien à voir avec la BD citée plus haut. Il s'agit d'un recueil de biographies (un peu comme le font Stéphane Berne ou Lorant Deutsch), mais avec des personnages bien plus proches de nous et de lui par la même occasion. Tous les personnages dont il décrit la vie en partant de leur première œuvre et en terminant par la dernière ont fait partie, d'une manière ou d'une autre, de sa vie ! 

 

Ces textes se lisent très facilement et permettent de mieux connaitre des gens pourtant célèbres, mais dont on ignore une partie de la vie, comme Barbara, Georges Brassens, Johnny Hallyday, Alain Delon, Françoise Sagan, Jacques Brel, Hitchcock, mais aussi Léonard de Vinci, Molière, La Fontaine, Mozart, Balzac, Strauss, Jules Verne, Van Gogh et bien d'autres. 

 

J'ai beaucoup aimé l'écriture d'Alex Vizorek et la vie des personnages choisis m'ont finalement plus intéressés que ceux présentés par les auteurs cités ci-dessus, notamment les rois, reines, princes et princesses de Berne ! 

 

Un livre que je recommande vivement si la vie de ces artistes pour intéresse, si vous voulez savoir pourquoi ces personnes ont quelque chose en plus que les autres et comment on devient artiste.

 

Une belle surprise pour moi qui ai appris pas mal de choses sur ces gens pourtant très connus ! 

 

PS J'ai remarqué que pas mal de ces 30 personnages célèbres sont morts dans la soixantaine. Ça fait mal quand on est dans cette tranche d'âge ! 

 

 

7 octobre 2026

Les âmes volées de Gilbert Bordes

"Les âmes volées" est le 20e livre de Gilbert Bordes que je lis. La plupart sont des romans du terroir. Ce n'est pas le cas ici, j'en ai été bien étonné. 

 

Cette fois, l'auteur emmène ses lecteurs dans le monde des sectes et des gourous qui profitent de la faiblesse de certaines personnes pour s'enrichir et les dominer. 

 

Ils ont l'air heureux dans leur aube de toile rêche sous la protection de leur prophète, Moragne, de l'Eglise des Deux Sphères, mais que se cache-t-il derrière les murs de la communauté? 

 

Les membres ont leurs détracteurs, mais aussi leurs partisans dans le village où ils ont construit leur "abbaye". Les "moines" donnent du travail aux villageois et vendent des remèdes contre différentes maladies. 

 

Tout a l'air de bien fonctionner tant qu'on ne met pas son nez dans leurs affaires. Le fanatisme, la cupidité, le sexe même règnent en maitres derrière ces murs. Des gens disparaissent de la circulation sans autre forme de procès. Des membres qui veulent quitter la communauté sont enfermés dans le sous-sol, à l'abri des regards. 

 

Estelle a quitté son mari et ses enfants en bas âge pour retrouver la paix de l'âme dans la communauté. Sa fille, Pauline, n'est plus qu'une boule de colère depuis que sa mère est partie. 

 

Son mari est prêt à tout pour récupérer sa femme, mais il aura besoin d'aide. Heureusement, un juge est sur l'affaire. Il est sûr que le dénommé Moragne est loin d'être celui qu'il prétend et il fera tout pour le confondre. 

 

Un jour, Moragne choisit Estelle comme servante particulière et là, tout s'effondre... La jeune mère a compris qu'elle s'est trompée sur toute la ligne ! Comment pourra-t-elle sortir de là?

 

Un livre intéressant sur le pouvoir qu'exercent certaines personnes sur des âmes faibles, en difficulté au moment où elles sont abordées par ces gens que rien n'arrête ! Un roman certainement proche de la réalité ! 

 

5 octobre 2026

Pour ne rien regretter de Henri Loevenbruck

Je ne suis pas fan des dystopies et, pourtant, "Pour ne rien regretter" en est bien une et j'ai beaucoup aimé ce livre. Le livre peut être classé comme une éco-dystopie ou une fable écolo-dystopique ancrée dans un futur proche. En effet, l'histoire se passe dans le futur, mais est très proche de nous, de ce que nous vivons actuellement et de ce nous pouvons deviner (craindre) de l'avenir ! 

 

Il y a 5 ans, j'ai lu et adoré "Nous rêvions juste de liberté". "Pour ne rien regretter" se veut une suite de celui-là, mais il n'est pas du tout nécessaire d'avoir lu le premier pour aimer celui-ci. On n'y retrouve finalement qu'un seul personnage qui a d'ailleurs bien évolué et un "fantôme" du passé. 

 

Loevenbruck ne fait pas de cadeau à ses personnages et c'est encore le cas ici. Ce livre n'est pas joyeux, comme notre présent ne l'est pas non plus et le futur qui s'annonce encore moins ! 

 

L'héroïne de cette histoire touchante est Véra, une gamine différente parce que Monsieur Asperger est passé par là et a dû assister à sa naissance. Par ce petit plus que la nature lui a donné (pas facile à porter, je vous l'accorde), elle est désarmante de sincérité. On ne peut que s'attacher à elle, à son phrasé particulier (qui m'a un peu déboussolé au début, je vous l'avoue, mais je m'y suis vite habitué, grâce au talent de l'auteur qui lui fait employer des mots et expressions qui font sourire malgré la gravité de la situation), à son regard sur le monde dans lequel elle évolue et sur le monde de demain. 

 

Malheureusement, dans son monde, Goliath prend de plus en plus d'importance. Goliath représente un peu toutes les grandes industries qui n'a de cesse de puiser dans ce que Véra appelle "La maison commune", c'est-à-dire notre planète. Petit à petit, Goliath envahit Providence, la ville natale de Véra. Un barrage est installé, la rivière qui traversait le village n'est plus qu'un mince filet d'eau, le béton remplace la terre et la végétation, les gens sont surexploités et sous-payés, certains meurent sous l'effet de leur poison,...

 

Mais face à Goliath, il y a toujours David, appelé ici "Le brasier", c'est un tout petit groupe d'activistes (ils sont trois) qui essaye de résister pacifiquement, sans violence et de contrer les effets dévastateurs du géant capitaliste. 

 

Véra parvient à entrer dans le groupe, ce qui lui donne un nouveau sens à la vie...

 

Le livre que certains pourrait qualifier de pessimiste et d'anxiogène se termine sur une note positive qui (nous) permet de croire à un avenir meilleur, mais pour arriver à ce futur meilleur, il faut que les habitants de "la maison commune" (nous) se mobilisent et fassent front, tous ensemble, main dans la main, pour contrer celui qui nous dirige : l'argent ! 

 

Un livre coup de poing, très marquant, grâce à son héroïne qui ne peut que toucher le cœur des lecteurs. 

 

3 octobre 2026

Des années d'enchantement de Robert Massart

 

Je remercie les éditions M.E.O pour ce nouveau partenariat. 

 

De Robert Massart, j'ai déjà lu "Oublier Djô". 

 

"Des années d'enchantement", c'est l'histoire de Marcel. Il a mené une vie tranquille avec sa femme, Mireille. Son seul regret : ne pas avoir eu d'enfants. Et puis, d'un coup, le voilà veuf ! 

 

Lors de l'enterrement de son épouse, une femme s'avance vers lui. Elle se présente : elle est la demi-soeur de Mireille, une femme dont Marcel n'a jamais entendu parler. Elle est accompagnée d'un jeune garçon : Gauvain, son fils. 

 

Très vite, la femme (Viviane) et l'enfant vont entrer dans la vie de Marcel qui se sentait déjà bien seul. Ils vont lui redonner gout à la vie et Marcel va, enfin, pourvoir donner toute l'affection qu'il a en lui. Gauvain sera l'enfant qu'il n'a pas eu. 

 

Mais Viviane n'a-t-elle que de bonnes intentions? Elle est plutôt pauvre; elle aime bien boire; elle retrouve souvent des hommes différents. 

 

Et si Marcel vendait sa maison pour en acheter une autre où ils pourraient habiter tous les trois? Ce ne serait pas une bonne idée? Peut-être pas...

 

Assez vite, j'ai deviné ce qu'il allait à peu près se passer. L'attitude de Viviane était claire; celle de Gauvain beaucoup moins. J'ai trouvé l'attachement à son vieil oncle un peu surfaite, pas très nette et certains passages m'ont un peu mis mal à l'aise. 

 

Si l'homosexualité n'est pas la base du récit, elle en fait partie intégrante et j'ai trouvé ce thème assez "mal à propos" et même parfois dérangeant. 

 

Une histoire qui se lit facilement sans grand suspense. 

 

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