Un si petit oiseau par PavlenkoDe Marie Pavlenko, j'ai lu "Je suis ton soleil" que j'avais apprécié, mais sans plus. Ici, c'est d'un coup de coeur que je vais vous parler. Pour moi, "Un si petit oiseau" est le livre parfait; il n'y a rien à changer dans ce roman émouvant, qui parle d'un sujet grave sans rendre le texte larmoyant. Un personnage (la tante de l'héroïne) ajoute même une touche d'humour au récit. 

Abi est une ado comme les autres jusqu'au jour où, suite à un accident de voiture, elle se voit diminuée, amputée d'un bras. La jeune fille ne supporte pas le regard des autres, pas plus que le sien sur son corps mutilé. 

Elle ne voit plus ses copains, ne veut plus voir personne, ne sort plus de chez elle ou si peu. Elle a quand même la chance de vivre dans une famille unie et aimante. Sa mère s'occupe constamment d'elle, délaissant un peu la soeur d'Abi qui en veut à sa soeur, même si elle comprend que c'est très difficile pour elle. Il n'y a plus qu'Abi qui compte et Millie en est profondément meurtrie. 

Un jour, elle rencontre un garçon, Aurèle, un de ses copains de classe en primaire. Petit à petit, ses sentiments pour lui vont prendre la place de son renoncement à la vie. Ce garçon, meurtri lui aussi par une mère qui l'a abandonné, adore la nature et les oiseaux et entraine Abi dans une découverte ornithologique qui va la passionner. 

Aurèle est charmant, doux, gentil. Il aime Abi depuis toujours, mais la jeune fille n'accepte pas d'être aimée avec ce corps difforme. 

La tante Coline, célibataire endurcie, mais aussi mangeuse d'hommes, apporte une note humoristique au récit qui est la bienvenue. 

Marie Pavlenko a rendu ses personnages très vivants. Je me suis attaché à tous, un peu moins à la soeur, Millie, qu'il faut comprendre pourtant. 

Tout est décrit avec beaucoup de réalisme, de sensibilité et si certains déplorent ce déballage de sentiments, moi, j'adhère complètement. 

Et comme j'aime les oiseaux, les scènes d'ornithologie m'ont plongé dans une nature que j'envie beaucoup. J'aurais aimé pouvoir entrer dans le récit et me balader dans les paysages décrits. 

Un roman très réaliste qui décrit les sentiments de l'héroïne, de ses parents prêts à tout pour lui faire plaisir, de sa soeur et de sa jalousie pourtant mal venue, de sa tante qui essaye de la tirer de là par sa bonne humeur et d'Aurèle qui n'ose pas se déclarer. Ce réalisme vient sans doute du fait que la propre mère de l'auteure a été amputée d'un bras après un accident de voiture. Marie Pavlenko nous fait cet aveu en fin de récit. 

Un formidable roman jeunesse à lire par ceux/celles qui n'osent plus sortir à cause d'un bouton d'acné, par exemple. 

Chapeau aussi d'avoir tenu sur 400 pages sans ennuyer le lecteur ! 

Livre lu dans le cadre de mon challenge "Lire sous la contrainte" et celui de Muti "jeunesse". 

challenge Lire sous la contrainte      1/65

coeur