Un monde presque parfait de Laurent Gounelle
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Voici le dixième roman de Laurent Gounelle et le neuvième que je lis. Je les achète tous sans lire la 4e de couverture, ce qui fait que je ne sais jamais quel est le sujet abordé par l'auteur.
Quelle déception cette fois quand je me suis rendu compte qu'il s'agissait d'une dystopie, un genre que je n'aime pas du tout ! J'ai quand même laissé à l'auteur le temps de me séduire, je me suis forcé à continuer ma lecture sans l'abandonner tout de suite. Et...j'ai bien fait ! Car, finalement, contre toute attente, j'ai beaucoup aimé ce roman, peut-être parce que ce que décrit Laurent Gounelle n'est pas si loin de nous !
Dans ce roman, deux mondes vivent en parallèles : les "Réguliers" qui vivent dans une société hyperconnectée et les "Exilés" qui ont refusé ces progrès et vivent sur une ile "à l'ancienne" même s'ils ont des téléphones portables ou surfent sur Internet.
David Lisner est un jeune chercheur ambitieux (inutile de vous dire de quel côté il se trouve) à qui on confie la mission de délivrer un message à une jeune femme qui vit sur l'ile des rebelles : son oncle est décédé.
S'il est important de l'informer de cette nouvelle, c'est que l'oncle en question est un sociologue dont le travail risque de mettre en péril tout l'équilibre de la société des "Réguliers" et que les services secrets voudraient bien mettre la main sur ses dossiers. David sera grassement payé s'il arrive à ramener la nièce du côté de l'hyper-connexion, mais cette dernière ne se laissera pas faire.
Les deux protagonistes vont donc comparer leur mode de vie.
D'un côté, on a une société hyperdéveloppée très sécuritaire où des algorithmes décident de la vie des hommes, de leurs faits et gestes, de leurs idées, de leurs décisions au prix d'une perte totale de liberté. Les réseaux nous surveillent, influencent nos choix, utilisent nos données, les revendent... (Tiens, la dystopie a disparu. Je parle de notre société, là ! ).
"Il y aurait une forme de complicité des pouvoirs public qui utiliseraient eux-mêmes ces données à des fins de contrôle, mais aussi d'influence, pour obtenir des gens les décisions et actions attendues." (page 310)
De l'autre, on a une société libre de vivre comme on l'entend, mais beaucoup moins sécurisée.
Ce roman entraine une réflexion critique de notre monde en pleine évolution, du début à la fin. Ne serait-il pas temps de nous reconnecter à la nature au lieu de nous laisser dicter notre conduite par des algorithmes?
"Les gens qui vivent proches de la nature ont des relations apaisées, cela a été démontré." (page342)
Une très belle surprise pour moi que ce livre dans lequel j'aurais pu souligner des dizaines de réflexions. Je le conseille à tout le monde même à ceux qui n'aiment pas les dystopies.
Si vous hésitez, dans une librairie, lisez le chapitre 16 sur les biais cognitifs ou le 34 sur l'influence des écrans, d'internet et autres sur les enfants et leur scolarité.
Je termine avec cette réflexion que je me fais souvent : "Il y a des personnes âgées en bonne santé qui jouissent de leur retraite, consomment et profitent de la vie (comme mon père jusqu'à 95 ans). Mais, passé un certain cap, beaucoup ne font que souffrir, ils ne peuvent plus être heureux. Est-ce vraiment un service à leur rendre de les maintenir en vie? La question mérite d'être posée..." (page 317)
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