Ne te précipite pas, tu te retardes par PajeAntoine Paje est un de mes auteurs fétiches, un de ceux dont je lis les romans sans lire la 4e de couverture, un auteur à qui je fais confiance les yeux fermés (je les ouvre quand même pour lire !). 

Eh bien, je vous le dis d'emblée : me voilà bien déçu de son dernier roman sorti en poche et notre histoire pourrait s'arrêter là, d'autant plus que le précédent ne m'avait pas séduit plus que ça ! 

J'ai découvert Antoine Paje il y a 8 ans avec "Et il me parla de cerisiers, de poussières et d'une montagne", un livre que j'ai offert plusieurs fois. 

Antoine Paje écrit, selon lui, "des contes, des contes philosophiques, ancrés dans des expériences personnelles ou proches de moi". 

L'histoire n'est, selon moi, qu'un prétexte pour parler de la vie, nous donner des explications, des idées, susciter des réflexions,...

Ce dernier bouquin n'a, à mes yeux, aucun intérêt. Je n'ai pas pu entrer dans l'histoire (y en a-t-il vraiment une?) et, même si le livre ne fait que 160 pages, il m'a semblé bien long ! 

Augustin n'avait qu'un rêve dans sa vie : devenir pilote de ligne, mais son daltonisme en a décidé autrement. Il est devenu traiteur et prépare des repas (souvent très très luxueux et chers) pour des voyages en avion. 

Augustin n'a qu'un amour dans sa vie : celui qu'il éprouve pour sa grand-mère qui l'a recueilli après la mort accidentelle de ses parents. Il reste très peu de temps avec les femmes qu'il rencontre. Cette fois, ce sera peut-être différent, Augustin semble tomber amoureux...

Un livre sur les occasions et les actes manqués qui ne m'a pas fait vibrer. 

Comme on retire (presque) toujours quelque chose d'un bouquin, voici des passages qui m'ont plu : 

"Ceux/celles qui nous échappent prennent soudain une importance qu'ils/elles n'auraient peut-être pas eue sans cela."

"On se souvient bien mieux des choses dont le contexte, à l'époque, était très émotionnel et l'empreinte que nous gardons semble plus récente qu'elle ne l'est."

"François Truffaut a dit : "La vie a beaucoup plus d'imagination que nous". Juste, très juste. Et parfois une imagination perfide, malveillante. On dirait qu'en certaines occasions elle s'amuse à foutre la merde, sans raison, par caprice. A démolir nos fragiles châteaux de sable, nos espoirs, nos aspirations et, de temps en temps, à piétiner nos vies ou nos projets de vie."

"Ne jamais se fier à ce que nous pensons entre deux sommeils, au beau milieu de la nuit et qui nous tient éveillés. Dégager ces pensées, à 90% négatives. C'est normal, le limbique est aussi là pour nous mettre en garde, nous protéger, y compris de nous-mêmes. Or, on ne met pas en garde contre des événements joyeux, fastes, heureux, plaisants. Soyons logiques ! Donc, le limbique fait souvent dans le drame, la cata qui va survenir, les emmerdements possibles, les tuiles de toutes sortes, même les plus improbables. Pour retrouver le sommeil, le mieux consiste à se souvenir et à établir la liste mentale de tout ce que nous avons réussi, fait de bien, au cours du mois écoulé, jusqu'aux plus petites choses. Bilan, on se rendort en 5/10 min alors que les pensées négatives générées par le limbique nous auraient tenus éveillés durant des heures à remâcher, rabâcher."