Je n'adhère pas beaucoup au style de Sandrine Collette. Je n'aime pas tellement son écriture hachée qui a peut-être sa raison d'être dans ce type de récit. 

Un exemple

"Qu'est-ce qu'on fait?
ils écoutaient le silence.
C'est fini. 
Fini quoi?
La chose. "

La chose, on ne saura jamais ce que c'est. Je pense que l'auteure ne le sait pas non plus. La chose, c'est une catastrophe, c'est l'apocalypse. Le monde est détruit, brulé, empoisonné. Toute vie a disparu ou presque. L'eau est un poison. Le soleil, quand il apparait, brule la peau. Il ne fait plus bon vivre sur terre. 

Pourtant, il y a des survivants, des gens qui se trouvaient dans des caves, des sous-sols et qui émergent peu à peu découvrant la désolation. 

Pourtant, il faut survivre à défaut de vivre. 

Et toujours les forêts par ColletteCorentin a été abandonné par une mère indigne et a finalement été recueilli par sa grand-mère. Il était parti étudier à la ville quand la chose est arrivée. Il n'aura plus qu'une idée en tête : retrouver sa grand-mère, savoir si elle vit encore. Il découvre que l'amour est plus important que tout. 

Des centaines de kilomètres les séparent et il n'existe plus aucun moyen de locomotion. Ils ne peut donc compter que sur ses pieds et sur les provisions qu'il trouvera dans les magasins dévastés. 

D'autres que lui ont survécu et ils n'ont pas nécessairement envie de se regrouper pour vivre en paix. La faim les tenaille et, pour manger, on ferait n'importe quoi...

Il faudra repeupler la terre, mais il faudra des années de patience avant qu'une graine germe, qu'un poisson réapparaisse dans la rivière, qu'un arbre bourgeonne...

L'instinct de survie est là, plus fort que tout. Les jours se ressemblent tous, plus aucun but dans l'existence, le froid, la recherche de nourriture et la recherche de l'amour...

Des enfants naitront, mal nourris, rachitiques. Des enfants qui n'ont pas connu la vie d'avant, qui rigolent, s'amusent, remettent un peu de vie dans ce monde morose...

Une vision apocalyptique d'un monde qui pourrait bien exister un jour, dans un futur plus ou moins lointain... La sixième extinction? 

Un livre qui ne laisse pas indifférent, mais qui n'a pas été un coup de coeur pour moi. Je m'attendais à un thriller, pas à ça. Tiens, "ça, cela" sont souvent employés par Sandrine Collette en lieu et place d'un terme précis. "Ça" m'a un peu ennuyé ainsi que la ponctuation manquante à certains moments.