Meurtres pour rédemption par GiebelAttention voyage en plein coeur de la violence ! 

Voilà un pavé de près de 1000 pages qui attendait mon bon vouloir dans ma bibli depuis plusieurs années. J'ai lu beaucoup d'avis très positifs à propos de ce livre, mais sa longueur me faisait toujours reporter sa lecture à plus tard. Un challenge "lire un livre qu'on remet toujours à plus tard" me l'a fait sortir de ma PAL. Enfin lu ! 

Après lecture, je me pose quelques questions : 

Comment Karine Giebel s'y est-elle prise pour que le lecteur s'attache aussi fort à l'héroïne qui est une meurtrière, une tueuse d'une violence inouïe? 

Peut-on souffrir autant, subir tant de violences, de tortures physiques et mentales sans devenir fou et rester vivant? Est-ce possible? Karine Giebel n'a-t-elle pas été trop loin, n'a-t-elle pas exagéré? 

L'histoire se passe, pour la moitié au moins, dans le milieu carcéral. Y subit-on autant de violence? Est-il possible que des gardiens de prisons puissent donner libre cours à leur violence à ce point? Est-il possible que des détenus puissent agir avec une telle violence? Est-ce possible que le directeur de la prison puisse fermer les yeux sur ce qui se passe dans son établissement aussi bien pour les détenus que pour les surveillants? 

Est-il possible que des policiers agissent également avec une telle hargne? 

Parlons un peu de l'histoire maintenant, sans trop en dévoiler pour ceux qui ne l'auraient pas lue. 

Marianne n'a pas 20 ans qu'elle a déjà tué : un homme âgé à qui elle a voulu prendre son argent, un policier qui la menaçait de son arme. Jugée très sévèrement (on ne touche pas aux flics), elle se retrouve en prison où elle tue une matonne. On la change d'établissement et c'est vraiment là que l'histoire commence et que la violence éclate. 

Pour payer ses cigarettes et la drogue dont elle a besoin, elle n'a d'autres choix que de se prostituer. 

Jour après jour, elle devra affronter la violence des autres détenues, la violence d'une surveillante sans scrupules,... Sa vie est un enfer, mais sa volonté de fer lui permet de subsister. 

Marianne est seule, ne reçoit aucune lettre, aucune visite jusqu'au jour où elle a un parloir. Trois flics viennent la voir pour lui proposer de la sortir de là à condition qu'elle accomplisse une mission. 

Alors que l'espoir pourrait naitre à ce moment-là, c'est un autre enfer qui commence...

Je n'en dirai pas plus sinon que j'ai vraiment eu de l'empathie pour cette meurtrière, cette fille à la violence inouïe, mais qui cache sa sensibilité au fond d'elle. C'est la vie qui l'a menée là où elle est. Elle n'est pas vraiment responsable de ce qui lui est arrivé. La vie est vache parfois. J'en suis arrivé à vouloir qu'elle tue encore et encore pour débarrasser la prison de la vermine qui pullule, à vouloir qu'elle s'évade, qu'elle soit enfin heureuse. J'en suis arrivé à vouloir que flics et matonnes (pas toutes heureusement) meurent dans d'atroces souffrances. 

Avez-vous remarqué le nombre de fois que j'ai cité le mot "violence"? C'est que le bouquin en dégouline et, sur 1000 pages, le lecteur peut en faire une indigestion. Le sang coule par litres, les os éclatent, la chair souffre, les coups pleuvent jour après jour. 

Au milieu de tout ça, on peut quand même trouver de l'amitié, de la compassion, de l'amour. Comme quoi rien n'est jamais entièrement noir ! 

Comme le chante Stéphane Eicher, plus rien ne me surprend sur la nature humaine, alors oui, tout pourrait être vrai...

Alors, oui, j'ai aimé ce bouquin très addictif, mais ce n'est pas un coup de coeur parce que tout ça est bien écoeurant... Je pense que Karine Giebel va parfois trop loin. J'espère, oui j'espère qu'elle exagère, qu'elle amplifie, qu'elle en remet une couche, mais qu'elle est loin de la vérité. Je l'espère seulement...