Un soir, je lis un avis sur Facebook : une lectrice annonce que "Le garçon" de Marcus Malte fait partie de son trio de tête des livres les plus aimés. 

Le lendemain, tout à fait par hasard, lors d'une bourse aux livres, je tombe sur ce livre ! Ce ne pouvait qu'être un rendez-vous ! 

Le garçon par Malte

Le voilà lu. 534 pages en petits caractères ! Je ne l'ai pas lu en un jour ! 

Ce livre est un OVNI ! Il est inclassable, différent de tout ce que j'ai lu jusqu'à maintenant. C'est une narration comme la plupart des romans, mais en plus ce livre est informatif. 

L'auteur, je ne le connais pas, mais je peux dire que c'est quelqu'un d'érudit doté d'un vocabulaire très étendu. 

L'histoire? 

Le garçon n'a pas de nom. Plus tard, une femme le nommera Félix Mazeppa. A la guerre, on l'appellera Mazeppa. 

Le garçon a toujours vécu seul avec sa mère dans un coin perdu. Il ne connait rien ni personne et il ne parle pas. 

Un jour, sa mère meurt et le laisse seul au monde. Il libère ses poules et ses lapins et part à la découverte du monde, un monde qu'il n'imagine même pas. 

Le garçon reste ébahi lorsqu'un cheval apparait tirant une charrette. Il découvre l'animal, mais aussi la roue. 

Toute sa vie, le garçon va apprendre. 

Il va d'abord apprendre l'amitié avec un lutteur qu'il va suivre de ville en ville. Il va apprendre la vie, il va apprendre la mort. 

Il apprendra ensuite l'amour, l'amour filial, l'amour physique (quelques pages sont un peu hot ! ) et l'amour avec un grand A. Avec celle qui est à la fois son amie, sa soeur et son amante, il apprendra la poésie, les livres, la musique, les grands auteurs, les grands compositeurs,...

Dès 1914, il apprendra la guerre, la souffrance, les armes, les conquêtes, la supériorité des dirigeants bien planqués, l'obéissance,...

Revenu blessé physiquement, mais surtout moralement, ses nuits sont peuplées de cauchemars. 

Et puis, un jour, l'amour de sa vie disparait à son tour. Peu après, le garçon apprendra le bagne, les travaux forcés, la solitude,...

Je ne vais pas tout vous raconter. Je vais vous laisser lire l'OVNI si vous ne l'avez pas encore fait. 

Ce livre est long, comprend beaucoup de descriptions, ce qui, habituellement, me déplait. Et pourtant, cette fois, j'ai tout lu, l'écriture est tellement belle que j'ai apprécié la mélodie des mots jusque dans les détails. 

J'ai quand même passé 5 pages, je pense, celles qui reprennent le nom, le lieu de naissance et la date de décès de centaines de soldats. Je pense que l'auteur a voulu leur rendre hommage à travers ces pages, mais que personne ne lira cette liste interminable. 

Un livre que je n'oublierai sans doute pas de sitôt, même s'il ne figurera pas dans mon trio de tête des livres que j'ai préférés. Je serais d'ailleurs incapable d'en faire une liste. 

Un roman que je vous conseille aussi bien pour l'histoire que pour le style de l'auteur. 

De temps en temps, l'auteur y ajoute une liste d'événements qui ont eu lieu en même temps que les faits du récit. J'ai apprécié cet intermède. 

coeur

Voici quelques avis à propos de ce livre

Oui, Marcus Malte est un immense écrivain. Ce roman, qui nous touche par la candeur de son héros tout autant que par la beauté et le carnage des émotions qu'il vit, restera une lecture inoubliable. le genre de livre qui marque un lecteur profondément, intensément, durablement. Juste indispensable. (Gruznamur)

Un livre unique, exceptionnel par sa puissance et sa singularité, qui confirme à quel point les auteurs étiquetés «  polar » ou " roman noir ", à l'instar de Pierre Lemaitre, sont de grands écrivains qui savent dire le monde. (Kirzy)

Un joyau, une pépite, un trésor…comment faut-il vous le dire ?
Une vraie réussite que ce Garçon-là, et qui, tout sauvage qu'il soit, vous en apprend plus que le plus savant, le plus distingué des intellectuels sur la civilisation et la compagnie des hommes. (Michfred)

Extrait

- Peut-on supporter longtemps de regarder partir les autres? Des compatriotes. Des camarades. Savoir qu'ils se battent pour nous, qu'ils donnent leur force et leur sang pour nous, et pendant ce temps demeurer tranquillement à l'abri, dans son cocon. Quel homme digne de ce nom peut endurer ça? 

- N'est-ce pas ce que font tous les chefs? Ceux qui commandent. Les généraux, les gouvernants. Ceux qui aboient le plus fort contre l'ennemi. Qui prônent le courage et le sacrifice pour l'amour de la patrie. Vont-ils se battre, ceux-là? Certainement pas. Le courage des autres, le sacrifice des autres : voilà qui leur suffit. Et je n'ai pas l'impression que leur confiance s'en porte plus mal.