Coccinelle - broché - Florence Belkacem - Achat Livre ou ebook | fnacIl y a des livres qui semblent être écrit pour vous, celui-ci semble avoir été écrits pour moi. Je vous explique. 

J'ai toujours été très proche de ma maman et son décès le 31 mars a laissé un grand vide en moins bien que j'aie fini par souhaiter son départ tant elle me semblait malheureuse dans son petit lit blanc. 

Covid oblige, nous avons dû lui rendre un dernier hommage sans prêtre directement au cimetière. J'avais prévu quelques chansons qui allaient nous permettre de nous souvenir d'elle et de nous recueillir. 

La cérémonie terminée (nous avions droit à 20 min), nous sommes partis chacun de notre côté. Dans la voiture qui allait me ramemer chez moi en abandonnant maman pour de bon, une coccinelle est apparue. Sur le moment, je n'ai pensé qu'à une chose : lui rendre sa liberté. Plus tard, en y repensant, je me suis demandé si cette Bête à Bon Dieu n'était pas un signe que maman m'avait envoyé. Mais, je suis assez cartésien et des signes, si on veut, on peut en voir partout ! 

Un jour, j'ai découvert ce livre sur un blog. Son titre : "coccinelle" m'a intrigué.  J'ai lu la 4e de couverture et j'ai su tout de suite que je devais lire ce livre. 

Florence Belkacem a perdu sa maman. Lors de l'enterrement, une coccinelle s'est posées sur son bras. C'était le mois de janvier, il fait plutôt froid dans une église et les coccinelles n'y sont pas légion !

Quelques semaines plus tard, une deuxième coccinelle surgit et puis d'autres encore à des moments et à des endroits tout à fait inattendus. Un signe de sa maman, pense-t-elle? Comme moi, elle s'interroge, mais le nombre de coccinelles qui apparaissent dans sa vie ne peut être le fruit du hasard. 

D'autres signes vont entrainer, petit à petit, la journaliste dans un monde parallèle. Florence ira même jusqu'à consulter une médium qui lui confirmera la présence de sa maman auprès d'elle. 

Un jour, elle rencontre une éducatrice à l'école de sa fille afin de discuter des problèmes de celle-ci. Tout à coup, l'éducatrice en question lui parle de sa maman. Elle est là, dans le bureau, avec elle. 

Plus tard, Florence perdra sa belle-mère, ensuite son père, et d'autres signes vont apparaitre à elle. Pour elle, c'est sûr, "ceux qui quittent notre monde sont dans une autre temporalité, et c'est seulement si l'on continue de s'adresser à eux qu'ils peuvent le ressentir et nous le faire savoir en envoyant des signes. A l'inverse, je pense qu'ils s'éloignent si on ne les associe plus à notre vie."

J'ai été étonné, lors du décès de maman, de mon attitude face à sa dépouille. Pour moi, maman n'était  plus là, ce n'était plus elle sur ce lit qui l'a vu s'éteindre. Elle n'était pas plus dans le cercueil que nous avons laissé au cimetière. Florence pense aussi que le mort "n'est pas dans le cercueil, qu'il est ailleurs". 

Je n'ai pas pu approcher la dépouille de maman, pas pu l'embrasser, pas pu la toucher. "C'est fou comme la mort tient à distance les vivants" continue Florence. 

D'après elle, "les défunts nous apportent du bonheur, aussi inconcevable que cela soit pour un cerveau rationnel". Elle a "la certitude que les êtres disparus nous entendent."

Certains balaieront ses propos d'un revers de main ! Allons bon, communiquer avec les morts ! Après la mort, il n'y a plus rien. "L'inexplicable génère de l'angoisse, continue-t-elle.  Pourquoi ne pas faire l'effort de se dire : et si un autre monde - fait de signes et de messages - était aussi possible?"

Florence Belkacem cite des personnages importants, des savants, des gens intelligents qui pensaient que les défunts étaient là, près d'eux et leur faisaient des signes. 

Thomas Edison, par exemple, s'est "révélé obsédé par la question de la survie de l'âme. Il voulait coûte que coûte en offrir la preuve scientifique."

Et nous voilà parlant de l'âme. L'âme existe-t-elle? Se différencie-t-elle du corps? Si oui, où se loge-t-elle et que devient-elle au moment de la mort? 

"La mythologie raconte que l'âme gagne le royaume des morts, établi sous terre et veillé par le dieu Hadès. Nous sommes loin du Royaume des cieux et du Paradis qui va s'imposer avec le christianisme."

Selon la tradition chrétienne, "l'âme appartient à Dieu, son créateur, et elle doit lui être rendue au moment de la mort, pour être jugée." 
"A l'instant même où le coeur de maman a cessé de battre, j'ai ressenti un vide dans la chambre d'hôpital, et j'ai eu l'impression de voir son âme quitter son corps."

Et de citer Platon : "Le corps est le tombeau de l'âme."

Florence cite également le grand Victor, Hugo, qui a perdu sa fille et ne s'est jamais vraiment remis de sa mort : "Qui que vous soyez, qui avez vu s'évanouir dans la tombe un être cher, ne vous croyez pas quitté par lui. L'être pleuré est disparu, non parti. Les morts sont les invisibles, mais ils ne sont pas les absents."

L'auteure cite encore d'autres grands noms comme le philosophe Alain : "Il faut croire, espérer et sourire", Georges Bernanos : "Ce que nous appelons hasard est peut-être la logique de Dieu"; Auguste Comte qui a entretenu une relation épistolaire avec une jeune morte : "Nos morts sont affranchis des nécessités matérielles et vitales, mais ils ne cessent pas d'aimer, et même de penser, en nous et par nous".

Je terminerai ce billet en citant Michel Tournier, comme l'a fait Florence Belkacem : "Tout est signe. Mais il faut une lumière ou un cri éclatant pour percer notre myopie ou notre surdité" et en remerciant vivement l'auteur pour ce récit...écrit pour moi...et pour tous ceux que le sujet intéresse ou qui ont perdu un proche. 

A tous ceux qui ne sont ni myopes ni sourds...