Lors d'un atelier d'écriture, j'ai reçu cette consigne : Écrire un texte qui commencera par "Un silence, puis...". 

Voilà mon texte

Un silence, puis un claquement de porte. Elle m'a quitté et je ne peux même pas lui en vouloir. Je n'ai que ce que je mérite. 

Quand je suis en colère - et sous l'emprise de la boisson -, mes mots dépassent souvent mes pensées. Je l'aime pourtant. Pourquoi ne le lui ai-je jamais dit? Pourquoi l'ai-je si souvent maltraitée, réduite à rien, une pauvre chose sans importance, un ver de terre qui se tortille sur le sol? 

Souvent, j'ai vu du chagrin dans ses yeux. J'y ai même vu de la peur. Pourtant, je vous assure que je ne l'ai jamais battue, je ne lui ai jamais fait le moindre mal physique...avant aujourd'hui! 

Je sais : j'ai pas mal picolé avec mes potes cet aprem, mais ce n'est pas une excuse. Si le repas était froid, ce n'est pas sa faute à elle, je n'avais qu'à pas rentrer avec deux heures de retard. S'il était trop cuit, c'est qu'elle attendait que je rentre avant de se décider à éteindre le four. Si c'était trop peu salé, je n'avais qu'à rajouter un peu de sel. Ce n'était pas bien compliqué...

Je ne sais pas comment mon poing a percuté sa figure. Je ne m'en souviens plus. Elle m'a regardé avec des yeux plus gros que des boules de billard. L'étonnement plus que la douleur se lisait sur son visage. Jamais je n'avais levé la main sur elle avant cet instant, je le jure ! 

Elle n'a rien dit, pas un mot. Elle a reculé, a renversé la table du salon, les verres qui attendaient que l'on fête ensemble notre anniversaire de mariage se sont brisés au sol. J'entends encore leur éclat dans ma tête. 

Ensuite, elle m'a tourné le dos. 

Soudain, c'était le silence. 

Une porte a claqué et je me suis retrouvé seul avec mon ivresse, à jamais, sans mon amour, sans elle...