Voilà bien longtemps que je n'avais plus participé à un atelier d'écriture. L'envie d'écrire me démangeait, aussi, je suis reparti pour une série de trois ateliers. 

En plus, cette fois, cela se passe dans un endroit plus que charmant : "Le salon des lumières" à Jurbise, une ferme-château du XVIIIè siècle, aujourd'hui restaurant et chambres d'hôtes, nichée dans un parc somptueux. Toute la déco du restaurant et des chambres rappellent le XVIIIè. 

Mais revenons-en à nos moutons. Trois exercices nous ont été proposés. J'ai trouvé l'un d'entre eux très intéressant, aussi, je vous en fais part. 

Il fallait choisir un roman parmi ceux proposés par notre animatrice, Patricia Beudin (pour ceux qui la connaissent). J'ai pris "La solitude lumineuse" de Pablo Neruda, un livre que je ne connaissais pas du tout. 

Il fallait retenir le prénom de l'auteur comme héros de l'histoire qu'on allait créer. 

Ensuite, prendre une page au hasard (la page 24 pour moi) et choisir sur cette page une phrase à inclure dans notre histoire. Neruda écrit des phrases très longues. J'ai choisi la plus petite de la page : "Ici non, ici la paix est arrivée jusqu'à la pierre."

Et voilà, c'était parti ! Voilà ce qui est sorti de mon imagination en quelques minutes (nous avons peu de temps pour écrire) :

"Le village est en guerre, le village est en ruines, le village est en feu. 

Pablo a dû fuir comme le reste de la population. Il a vu ses parents massacrés, sa soeur violée, son grand-père paternel succomber sous les coups portés par un type pas beaucoup plus vieux que lui. Il a 10 ans, Pablo, 10 ans depuis hier, depuis le massacre. Bon anniversaire, Pablo ! 

Est-il le seul de sa famille à avoir survécu? Il essaye de se frayer un chemin entre les ruines fumantes. Il faut qu'il retrouve Bouma et Poupa, ses grands-parents maternels et surtout son petit chien jaune, Corak. Il est encore bien jeune, Pablo, pour rester seul et prendre des décisions.

Il arrive en vue de la maison de ses aïeuls. Elle est encore debout. Il regarde par la fenêtre. Il voit son Poupa pendu au lustre du salon. Poupa était le chef, le maitre du village. Il n'est plus rien qu'un chiffon qui flotte au vent maintenant !  Où est Bouma? Pablo ne la cherche pas. Il a trop peur...

Il entend un gémissement et se dirige vers cette plainte non humaine. Il arrive à la rivière. Corak est dans une barque, à l'agonie. 

Pablo saute dans l'embarcation. L'animal blessé lui lèche la main. Vite il faut trouver quelqu'un qui soignera le cocker. 

Le garçon prend les rames qu'il manie avec difficultés. La barque descend le courant jusqu'au village voisin. Elle s'échoue sur une plage. Pablo saute en bas, le petit chien blessé dans les bras. 

Là aussi, tout n'est que guerre et désolation. La paix existe-t-elle encore quelque part? 

Le gamin se dirige vers l'église. Le toit s'est effondré, mais les murs ont tenu. Il pousse la porte qui s'effondre. L'intérieur est plus ou moins intact, à part les débris du toit qui jonchent le sol par-ci, par-là. Il s'avance dans la nef, enjambant quelques poutres déchiquetées. Une statue de pierre au regard vide l'arrête et lui sourit. Pablo est subjugué. Il avance vers elle, se met à genoux, joint les mains en une prière muette. 

La guerre est-elle encore présente en ce lieu? Ici non, la paix est arrivée jusqu'à la pierre. Pablo se sent bien, enfin ! "