Résultat de recherche d'images pour "la solitude des étoiles martine rouhart"Aujourd'hui, je vais vous parler d'une heureuse surprise. Les éditions "Murmure des soirs" m'ont contacté pour me demander si je voulais lire et chroniquer "La solitude des étoiles" de Martine Rouhart. Je ne connaissais ni le titre ni l'auteure. J'ai lu le résumé fourni et j'ai accepté le partenariat. 

Première surprise : L'auteure est née à Mons. Je ne sais pas si elle y habite, mais la savoir montoise au moins d'origine me donnait vraiment envie de la lire. 

Deuxième surprise : J'ai vraiment beaucoup aimé ce bouquin. Et je ne vous parlerai pas, en premier lieu, de l'histoire sortie de l'imagination de l'auteure, mais plutôt de l'écriture de celle-ci. Dès les premières lignes, je suis tombé sous le charme du style poétique de Martine, des mots qui chantent, des phrases douces comme les étoiles qui scintillent dans un ciel d'été. Mes moments de lecture sont devenus des heures de bonheur ! Si tous les livres de Martine Rouhart sont comme celui-ci, j'en veux encore, j'en redemande ! 

Je ne veux pas flatter l'auteure que je ne connais pas du tout. Je relate seulement mon ressenti ! 

Je vous parle maintenant de l'histoire. On pourrait dire qu'il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Il n'y a pas de suspense insoutenable, pas de meurtres, pas de violence, pas de sang qui coule : ce n'est pas un thriller. Ce n'est pas non plus un roman érotique : tout est dit dans la sobriété. Ce n'est pas un roman d'aventures, c'est une histoire toute simple, une histoire qui pourrait se dérouler dans la vie de tous les jours. Une histoire dans laquelle on pénètre tout doucement en découvrant la psychologie des personnages et les événements qui ont bouleversé leurs vies. 

Camille n'est pas une femme joyeuse, loin de là. Elle est plutôt du genre solitaire, évitant les rencontres et la compagnie. Elle vit seule depuis son veuvage dans son appartement donnant sur le zoo voisin. Les animaux sont ses amis. Elle travaille d'ailleurs dans un cabinet vétérinaire où elle évite ses collègues du mieux qu'elle peut. 

Je vais laisser sa mère, Suzanne la décrire : 

"Au fond, de moi, sa propre mère, Camille ne se soucie pas. Ce ne serait rien si elle s'intéressait aux autres. Le monde pourrait crever autour d'elle qu'elle ne sortirait pas de sa coquille. Elle enjamberait les cadavres tranquillement en faisant bien attention de ne pas les heurter. La discrète, la tranquille qui ne demande rien à personne, toujours un peu en retrait, jamais un mot plus haut que l'autre, qui "veut bien faire" et s'en contente souvent. Qui évite de déranger et surtout pas elle-même. Elle met à tout bout de champ sa modestie en avant et l'agite tel un fanion... Elle fuit les confrontations, elle contemple tout de loin, dans le refuge de ses silences, même quand il faudrait s'indigner..."

Qui mieux que sa mère pouvait vous la présenter?

Et elle continue :"Camille recueillerait n'importe quelle bête égarée au bord de la route, mais fermerait sans hésiter sa porte à un pauvre vagabond!"

Eh bien, là, elle se trompe Suzanne ! Connait-elle sa fille si bien que ça? 

Un jour, Camille quitte tout. Elle loue une maison dans les Ardennes pour quatre mois. Quatre mois de solitude avec son lapin et son chat. 

Mais sa solitude est brisée par des coups à la porte. Camille ouvre et un homme entre : un vagabond pas très reluisant, un SDF peut-être. 

Il s'installe dans le fauteuil de la jeune femme, ne dit que quelques mots avant de s'en aller comme il était venu. 

Le lendemain, il revient, toujours aussi énigmatique et Camille se met à l'attendre, jour après jour...

Vous devinez la suite de l'histoire? Eh bien non ! Pas du tout ! 

Si je vous ai donné l'eau à la bouche, vous savez ce qu'il vous reste à faire : commander ce très beau roman dans votre boucherie librairie préférée.

Pas encore convaincus? 

J'ouvre le livre au hasard : "Dehors, la lumière me saisit. Je cligne des yeux éblouis. Les trouées du ciel se sont rejointes en un vide profond qui a absorbé toute la grisaille. Alors qu'un drame est peut-être en train de se jouer, que les dés sont déjà jetés, l'indifférence d'un ciel totalement bleu. C'est ainsi que va le monde, les joies côtoient la désespérance, partout et à tout instant le malheur et la mort creusent des galeries dans les insouciances."

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Merci aux éditions "Murmure des soirs" et à l'auteure pour ce joli cadeau.