Une fois par mois, je participe à un atelier d'écriture. Cela m'oblige à écrire sinon je n'en trouve jamais le temps.

L'animatrice nous a proposé un texte d'Albert Camus, un extrait de "L'étranger" : 

"C'était le même éclatement rouge. Sur le sable, la mer haletait de toute la respiration rapide et étouffée de ses petites vagues. Je marchais lentement vers les rochers et je sentais mon front se gonfler sous le soleil. Toute cette chaleur s'appuyait sur moi et s'opposait à mon avance. Et chaque fois que je sentais son grand souffle chaud sur mon visage, je serrais les dents, je fermais les poings dans les poches de mon pantalon, je me tendais tout entier pour triompher du soleil et de cette ivresse opaque qu'il me déversait. A chaque épée de lumière jaillie du sable, d'un coquillage blanchi ou d'un débris de verre, mes mâchoires se crispaient. J'ai marché longtemps." 

La consigne était de relever tous les noms du texte et, à partir de la liste dans l'ordre, écrire son propre texte. 

Voici ce que j'ai trouvé

L'éclatement de ma vie sur le sable mouillé. Elle m'a quitté, la mer s'est retirée à jamais. Ma respiration s'est arrêtée. Les vagues ont déferlé sur les rochers noirs de ma vie. Le front brûlant sous un soleil éteint, une chaleur glaciale m'étreint peu à peu. La mort est en avance; mon souffle devient court. Mon visage blêmit, mes dents claquent, l'air glacé me fait frissonner, mes poings se serrent dans les poches de mon pantalon.

Nul soleil ne pourra me faire quitter l'ivresse de l'épée qui s'enfonce dans mon coeur!

La lumière, tantôt vive, s'est éteinte, s'est enfoncée dans le sable où seuls les coquillages ont vent de ma détresse. Je les piétine avec rage. Leurs débris pénètrent dans la plante de mes pieds tels du verre brisé, mais je ne ressens pas la douleur. 

Mes mâchoires, serrées comme un étau, s'ouvrent peu à peu pour laisser échapper un cri de douleur. Je hurle avec le vent, avec les mouettes, les goélands, les vagues qui se déchainent. Là, sur le sable mouillé, mon coeur vient d'éclater.

Dis, reviens, reviens recoller les morceaux, s'il te plait, reviens...