chagrin

Bof! Voilà le mot qui me vient à l'esprit en refermant le livre de Daniel Pennac. Je n'ai pas trop accroché - je ne peux pas dire à l'histoire puisqu'il ne s'agit pas d'un roman - au style? aux souvenirs? à l'autobiographie? de l'auteur. 

Voilà quelques mois que je regardais ce livre dans ma bibliothèque, me disant : "Vas-tu le lire? Ne vas-tu pas le lire?". Mon challenge m'a décidé à le sortir de son rayonnage où il prenait la poussière. 

Autobiographie donc? Oui, sans doute, puisque Pennac nous raconte ses (mauvais) souvenirs d'école. C'était un cancre, il en a souffert (comme tous les cancres sans doute) et jette sur son passé un regard tantôt attendri tantôt humoristique. 

Mais ce livre est aussi un essai sur l'enseignement, sur l'échec, sur l'école en général, sur la famille, ...

Je sors à peine de l'autobiographie d'Alexandre Jardin (dont j'aurais pu aisément me passer) et j'ai replongé dans celle de Pennac (plus intéressante à mes yeux quand même!). 

J'ai trouvé le tiers du livre très pessimiste. Ensuite l'auteur parle des professeurs qui l'ont sauvé (oui, ça existe, heureusement) sans trop s'étendre sur le sujet. 

L'auteur parle de l'angoisse de ses parents de voir leur fils qui ne progresse pas, de la souffrance de l'enfant qui est considéré comme un cancre, de son comportement de mauvais élève, ... pour arriver à sa réussite (enfin!), à son travail de professeur ou d'écrivain, des élèves (et des profs) qu'il rencontre lors de ses visites de classes. 

Si l'ensemble ne m'a pas ému plus que ça, j'ai quand même relevé quelques passages qui m'ont aidé à persévérer dans ma lecture. 

" Quand il m'arrive de rencontrer un ancien élève qui se déclare heureux des heures passées dans ma classe, je me dis qu'au même instant, sur un autre trottoir, se promène peut-être celui pour qui j'étais l'éteignoir de service". (hic !)

" Nicolas prétend qu'il aura toujours zéro en orthographe, pour la seule raison qu'il n'a jamais obtenu une autre note. Frédéric, Sami et Véronique partagent son opinion. Le zéro, qui les poursuit depuis leur première dictée, les a rattrapés et avalés. A les entendre, chacun d'eux habite un zéro d'où il ne peut pas sortir. Ils ne savent pas qu'ils ont la clé dans leur poche. "

A la page 264, Pennac parle de "la violence qui ne serait entrée, à en croire l'air du temps, qu'hier à l'école". Puis il cite Daudet qui, au XIXèS, exprimait déjà sa douleur de pion torturé
" Allons, vous exagérez, Daudet; puisqu'on vous dit qu'il faudra attendre un bon siècle pour que la violence entre à l'école. Et pas par les Cévennes, Daudet, par la banlieue, la seule banlieue."

challenge Lire sous la contrainte

De Pennac, j'ai déjà lu la série des "Kamo", "Cabot-Caboche" et "L'oeil du loup" romans pour enfants ainsi que "Des chrétiens et des maures" que j'ai abandonné après 40 pages.