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L'histoire est originale, ce n'est pas du "déjà vu" : 4 scénaristes "crève-la-faim" sont engagés pour réaliser une série pour la télévision (quota fictions françaises oblige). 
"Faites n'importe quoi", tel est le mot d'ordre.  Personne ne verra la série, elle passera à 4 h du matin.
Contre toute attente, la fiction a un succès fou.  Elle repasse à 12h30 puis en prime time ramassant toujours plus de spectateurs.
Les 4 scénaristes vivent ensemble, une amitié se crée.
On se retrouve mêlés à 2 histoires : la première semble réelle, c'est celle des scénaristes; la seconde est créée par eux, les héros de la fiction vivent selon l'humeur et l'imagination des 4 premiers.
De l'imagination, Tonino Benacquista n'en manque pas.  Certains moments accrochent, d'autres semblent tirés en longueur.  La partie après l'arrêt de la fiction n'a plus beaucoup d'intérêt à part la vengeance orchestrée par les scénaristes sur leur ancienne vie.

Extraits du livre : On peut leur jouer ça façon Beckett.  Deux pékins assis autour d'une caisse en bois, de la dérive verbale montée en boucle, et de temps en temps, l'un des deux se brosse les dents pour mettre un peu d'action.  Benacquista a tout compris de Samuel Beckett (j'ai lu "Fin de partie").

                        Au Moyen Age, quand on devait cautériser une plaie à vif, on avait besoin de 10 hommes pour maintenir le malheureux en place, et ça se passait toujours dans la violence et la douleur.  Mais on pouvait aussi demander à la plus jolie fille du village de tenir les bras de l'homme pendant l'épreuve.  En général, elle s'en tirait bien mieux que les dix autres. ( à méditer )