Comme il est prévu que je parte en Chine au mois d'août, une collègue m'a offert ce recueil de contes chinois pour mon anniversaire.contes chinois 2

J'ai lu ce recueil petit à petit appréciant certains textes; d'autres m'ont plutôt laissé indifférent.

Comme dans tous les pays du monde, les contes font partie intégrante de la civilisation chinoise. On y trouve des dragons terrifiants ou paresseux, des héros pratiquant le kung-fu, des dieux qui règnent sur le royaume des immortels, des singes savants, des sorcières, ...

Les grands thèmes y sont développés : l'amour, la jalousie, la justice qui punit les méchants, ...

J'ai participé, dernièrement, à une formation sur les contes. Elle s'intitulait exactement "la musicalité de la parole". Chaque participant devait amener et réciter un conte. J'ai puisé un texte dans ce recueil. Je vous le raconte en quelques mots :

La jument blanche a un poulain. Un joli poulain blanc qu'elle a appelé "le Gentil". Elle, elle travaille pour le meunier du village. Elle va seule porter les sacs de farine dans les boulangeries des environs. Personne ne la conduit.

Le Gentil, pendant ce temps, s'amuse dans la prairie. Il joue avec les papillons, les oiseaux, les abeilles, ... et grandit gentiment.

Un jour, la jument appelle son petit :

- Le Gentil, c'est bien de t'amuser dans la prairie pendant que je travaille pour le meunier mais, maintenant, te voilà assez grand pour m'aider. Je voudrais que tu portes ce sac de farine chez le meunier qui habite de l'autre côté de la rivière. Tu le trouveras facilement : il habite juste au centre du village.

Le poulain est tout content de pouvoir aider sa maman et le voilà parti. Arrivé à la rivière, il hésite. Il la trouve bien large et bien profonde; l'eau est assez tumultueuse. Comment va-t-il traverser?

Il interpelle un chien qui passait par là :

- Dis-moi, le chien, où se trouve le gué que je puisse traverser cette rivière?

- Il n'y a ni pont ni gué, répond le chien. Tu dois traverser l'eau mais, attention, hier, mon frère a failli s'y noyer. Il avait de l'eau jusqu'au dessus de la tête.

Le Gentil n'est pas rassuré. Il ne sait pas nager et il n'ose pas traverser. Mais peut-être le chien s'est-il trompé. Il doit bien exister un gué quelque part.

Passe alors un éléphant. Le poulain lui pose la même question qu'au chien.

- Il n'y a pas de passage, répond le pachyderme, tu dois traverser directement dans l'eau.

- Mais l'eau est profonde et je ne sais pas nager...

- Mais pas du tout! J'ai déjà traversé la rivière trois fois aujourd'hui et j'avais de l'eau jusqu'au milieu des jambes!

Le Gentil ne sait plus qui croire. Qui a raison? Qui a menti? Ces deux réponses différentes le laissent perplexe.

Il décide donc de retourner chez lui et d'expliquer tout ça à la jument.

Lorsqu'il se met à raconter son aventure, sa mère se met à rire :

- Mais dis donc, le Gentil, tu dois te connaitre toi-même  et ne pas toujours écouter les autres. Si le chien avait de l'eau jusqu'au dessus de la tête, c'est parce qu'il est petit. Si l'éléphant avait de l'eau jusqu'au milieu des jambes, c'est parce qu'il est grand. Toi, tu es entre les deux, tu auras peut-être de l'eau jusqu'au ventre.

Le poulain, un peu honteux de ne pas avoir réfléchi avec sa tête, retourne vers la rivière. Il hésite un peu mais finalement il entre dans l'eau et avance. L'eau monte petit à petit. Quand il arrive au milieu de la rivière, l'eau lui arrive au ventre et il continue sa traversée sans encombres. Arrivé de l'autre côté, il se rend, tout fier, chez le boulanger du village qui est un peu étonné de le voir arriver tout seul.

Sa mission accomplie, il fait demi-tour sans tarder, retraverse la rivière d'un pas assuré et retourne chez lui...

Cette lecture me permet de participer au challenge de Catherine "Cour des contes". 

challenge cour des contes