eclatsduniversrectoVoici un recueil de nouvelles que je recommande à tous les amateurs du genre; ils ne pourront qu'apprécier ces onze textes écrits avec brio.

Si je juge la qualité d'une nouvelle par sa chute, mon jugement fut très différent à la lecture de la première "L'héritier des Lazennec" (qui reste ma préférée) car, si l'histoire se termine de manière inattendue, c'est à une multitude de rebondissements que Josy nous invite.


De page en page, Josy surprend son lecteur qui croyait avoir tout compris dès le début mais qui, en fait, était loin d'imaginer les causes de la fuite de l'héroïne.

Cette nouvelle est bien trop courte et pourrait faire l'objet d'un roman.

Vient ensuite une série de textes de longueurs différentes (les textes courts me touchent toujours moins, je n'ai pas eu vraiment le temps d'entrer dans l'histoire qu'elle est déjà finie), sans lien apparent (Josy, tu me diras si je me trompe) mais tous écrits de main de maître!

J'aime le style de Josy, j'aime les mots qu'elle choisit, la poésie qui se dégage de ceux-ci, j'aime l'ambiance qu'elle arrive à mettre dans ses histoires, bref, je suis conquis par ces nouvelles.

Si j'avais déjà apprécié le premier recueil de l'auteure, parisienne d'origine mais qui vit à Nantes "Un, deux, trois, soleil", je trouve ce nouveau recueil encore supérieur.

Je ne vais pas vous résumer chaque texte mais vous offrir quelques extraits qui vous permettront de découvrir le style de Josy Malet-Praud si vous ne connaissez pas encore son talent.

La Scavia sait que son mari a été dénoncé et qu'il sera arrêté s'il ne fuit pas : "Je savais qu'ils venaient pour lui. Giovanni, l'opposant au régime fasciste du Duce, l'empêcheur de couler au fond du bouillon sulfureux de la dictature annoncée, le second nom sur la liste des condamnés à mort en ce mois de décembre 1922 à Torino, capitale industrielle du Piémont. "

Au pays des Ràmon, Roxana et Léo pourront-ils défier le destin et s'aimer malgré la malédiction qui pèse sur les filles Ràmon? : Dans la baraque abandonnée, à l'extrême limite de l'effondrement depuis la mort d'Inès l'Envoûteuse, sous les poutres infestées d'une kyrielle d'insectes, dans cette icône de la désolation, les âmes sulfureuses de cinq générations de sorcières attentives s'agitent. Des ombres fébriles s'impatientent..."

Voyez l'ambiance particulière qu'a su créer Josy dans "La brume des acacias" : Le couloir s'étirait sous l'oeil inquisiteur d'une grosse veilleuse. L'iris blafard tachait la nuit au-dessus de la porte coupe-feu du couloir 24. Une lueur mi-chienne mi-louve de mauvais augure. Une clarté trouble, oppressante comme celle diffractée par les abysses artificiels d'un aquarium géant. Reflets d'un farfadet sans relief, les contours nébuleux de l'intruse glissaient sur les murs coquille d'oeuf de la galerie déserte. La dernière porte, tout au bout, bâillait sur les ténèbres, seulement trahie par le faisceau d'une lampe de bureau. Le contact des semelles sur le sol plastifié altérait un silence de cimetière, dispersant dans l'espace confiné une théorie de suçotements malsains et de baisers suspects."

Onze nouvelles vous séduiront sans aucun doute dans ce recueil à lire et à relire. A bon entendeur...