Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,

Au coucher du soleil tristement je m'assieds;

Je promène au hasard mes regards sur la plaine,

Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes,

Il serpente et s'enfonce en un lointain obscur;

Là, le lac immobile étend ses eaux dormantes

Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,

Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons;

Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie:

Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

                                                          Lamartine