jasminpierresLe premier mot qui me vient en pensant à ce livre est "long" (800 pages pour les deux volumes quand même).

Le deuxième mot est "compliqué".

Alors si vous voulez lire un roman long et compliqué, je vous conseille celui-ci.

C'est un roman très intéressant et très bien écrit mais il faut s'y retrouver dans l'imbroglio arabo/israélo/palestinien.

Gilbert Sinoué tente de nous expliquer ce que je nommerais l'inexplicable à travers l'histoire de 4 familles : juive, palestinienne, irakienne et égyptienne.

Tout le monde connait plus ou moins le problème entre les juifs et les arabes : le retour des juifs sur la Terre Promise alors que des arabes s'y sont installés. Mais le problème est complexe et, dans ce roman, on sent que c'est l'Occident (surtout l'Angleterre et la France dans une moindre mesure) qui est responsable des guerres et attentats entre les peuples.

Ce qui est sûr, c'est que toute une grande partie du monde a basculé dans l'horreur à cause de l'aveuglement de quelques-uns mais n'est-ce pas toujours ainsi?

Je n'aurais pas lu ce roman si je n'étais parti en vacances en TGV : 2 fois 8 heures de train m'ont permis de bien avancer dans ce récit.

Je cite l'auteur dans son remerciement : "Ma gratitude va à Gérald Messadié qui a su m'aider à retrouver mon chemin dans l'effrayant dédale du monde moyen-oriental et m'a fait gagner un temps infiniment précieux". Ceci explique cela.

Et maintenant, quelques phrases que j'ai relevées dans le récit :

- Je suis un hasard comme toi. Tu ne t'en rends pas compte. Nous naissons chrétiens, juifs ou musulmans, parce que nos pères le sont. Le hasard. Un roulement de dés. Une loterie. Parler à un hasard ne porte pas à conséquence.
- Je ne comprends rien à ton charabia! Je suis arabe, et musulmane! Réponds! Pourquoi es-tu là?
- Parce que je t'ai sauvé la vie. As-tu oublié?

- Il n'existe jamais d'exil. Tout exil est une souffrance.

- N'oublie jamais que, si le monde a éprouvé quelque compassion pour mon peuple, c'est parce que tout au long de l'histoire nous fûmes des victimes. Qu'en sera-t-il demain, si nous devenions des bourreaux?
- Mais ce sont eux, les Arabes, qui veulent notre perte. Ce sont eux qui veulent nous jeter à la mer. Nous éradiquer! As-tu entendu leurs discours? As-tu lu leur presse? As-tu seulement vu les caricatures injurieuses, outrageantes qui écument leurs magazines? Ils n'aspirent qu'à une seule chose : nous liquider. S'ils pouvaient réinventer les camps de la mort, crois-moi, ils n'hésiteraient pas une seule seconde!
- Laisse-moi finir, je te prie. La seule solution est que les deux parties en présence, c'est à dire les Palestiniens et nous, renoncent à leurs revendications sur l'ensemble du pays. C'est une démarche infiniment douloureuse, j'en conviens, parce que les deux communautés sont profondément convaincues que cette terre est légitimement la leur. Néamoins, je reste persuadé que, si nous voulons mettre fin à la spirale infernale que tu évoquais, si nous voulons éviter à plus moins brève échéance une catastrophe, cette démarche est une nécessité absolue.

- Israël est une écharde dans la chair arabe.