délicatesseIci, je sais que je vais faire grincer des dents tant ce livre a reçu des avis positifs et enthousiastes des lecteurs/blogueurs ou peut-être devrais-je dire des lectrices/blogueuses car je n'ai lu aucun avis masculin. Dommage!

Je vais faire grincer des dents car, ce bouquin, mesdames, je ne l'ai pas aimé du tout. Je n'ai pas aimé le style, les personnages et leurs réactions sont très peu crédibles pour ne pas dire pas du tout, des chapitres tout à fait inutiles viennent couper l'histoire (c'est original mais on se demande bien ce que ça fait là).

Pour ceux (ou plutôt celles qui l'ont lu), je signale deux réactions des personnages qui m'ont fait pousser des hauts cris :

1. la scène du baiser : Nathalie est veuve depuis 3 ans et n'arrive pas à faire son deuil. Une impulsion soudaine la fait embrasser Markus, un de ses collègues, pas le plus beau, le plus attirant, loin de là. Bon, je peux admettre qu'une soudaine impulsion ... mais, aussitôt le baiser donné (aussi fort qu'un baiser d'adolescent, si je me souviens bien), l'héroïne oublie tout à fait son geste. Après l'impulsion, l'amnésie? Très grossier!

2. le patron jaloux : son chef est amoureux d'elle depuis son entrée dans la boîte mais ce n'est pas réciproque. Quand il apprend qu'elle sort avec Markus, il est tellement jaloux qu'il va chercher un prétexte pour le renvoyer ou le muter. Il le rencontre et, c'est le contraire qui se produit. Il le trouve exceptionnel, plein de qualités, ... Ben oui!

Tout le long du récit, je me suis demandé quels sont les prix littéraires que ce bouquin a reçus et pourquoi.

Je n'ai pas détesté mais je trouve que ce roman ne mérite pas les prix reçus et autant d'avis enthousiastes.

En cherchant la couverture, je suis tombé sur l'avis de Thomas Flamerion (que je ne connais pas) sur le site "evene.fr". Ouf! me suis-je dit, je ne suis pas le seul à critiquer ce roman. Je ne peux m'empêcher de vous livrer ici le billet de ce monsieur.

Difficile, franchement, de comprendre l’engouement soulevé par le roman de David Foenkinos. La platitude s’y dispute la facilité, et si ce n’était bonne volonté affichée de l’auteur d’exalter la délicatesse, on verserait pleinement dans l’insipide bluette. Mais de délicatesse, justement, il est trop rarement question dans ce roman. David Foenkinos tire sur les cordes sensibles en voilant les grands sentiments qu’il explore sous un excès de pudeur. Une subtilité qui pourrait l’honorer si elle n’entamait pas tant la crédibilité de son propos. Avec ce roman de la perte de l’être aimé et de la reconquête du bonheur, l’auteur du ‘Potentiel érotique de ma femme’ manque d’audace pour éviter l’écueil des truismes. La touchante naïveté de ses personnages ne prend pas. Et les artifices prosaïques disséminés dans le texte, loin de l’illuminer, suggèrent l’impuissance devant les dangers de la banalité. Car les digressions sur la moquette, l’allergie au poisson ou l’absurdité de l’art contemporain qui jonchent ‘La Délicatesse’ n’affectent en rien l’insipide torpeur de cette histoire-là. Elles entament un peu plus la tentative d’effleurer l’inclination mésestimée qui peut nous sauver la vie. Finalement, les Charles, Nathalie ou Markus se trouvent réduits à d’insignifiantes anecdotes. Des détails qui en disent trop peu pour dépasser la caricature. Alors pirouettes cinématographiques et aphorismes teintés d’absurde s’enchaînent. Au grand dam des sentiments qui s’évanouissent.

J'avais peur de passer pour un extra-terrestre. Si c'est le cas, nous sommes deux.